Raquettes au soleil | 1

Ce matin, le soleil est magnifique, la journée s'annonce superbe, j'espère qu'il ne fait pas trop froid et que mes chaussures toutes neuves ne vont pas me faire mal aux pieds. Je me dépêche, on a rendez-vous à 9 h 45.
Nous sommes motivées. Nous arrivons au « meeting point » avec deux minutes de retard... Où est le guide ? Oh ! Quelqu'un fait des signes ce doit être notre homme. Pas mal, pas mal du tout : jeune, assez grand, bronzé, mal rasé, du charme... Il parle... ah oui, il s'appelle Antoine et il est en train de rassurer Monique, notre « grand' mère ». Ce matin elle hésitait à venir, elle avait peur de se faire du mal, de nous freiner, peur que la randonnée soit trop difficile. Le guide est en train de la rassurer. À l'entendre, tout sera fait pour qu'elle soit heureuse et en forme au retour. « Promis » conclut-il avec un grand sourire. Sympa le gars, je crois que l'on a fait le bon choix.
On se dirige vers son minibus où il nous remet nos équipements, nous présente un autre client qui semble immédiatement plaire à nos anciennes et surtout ça les rassure, d'avoir un plus vieux qu'elles dans le groupe.
Les raquettes, c'est la première fois que j'en mets. Antoine nous explique comment on les règle. Mais qu'est-ce que je suis nouille, je n'arrive à rien ! Et puis ce froid, dès qu'on enlève les gants ! Heureusement je ne suis pas la seule dans ce cas et l'accompagnateur, qui, lui, a l'habitude, une par une, nous équipe.
On commence par un peu de marche sur un chemin enneigé mais damé, histoire de nous échauffer. Après cinquante mètres, Antoine nous propose de le suivre  dans de la poudreuse. Je lui emboite le pas ; marcher dans ses traces, c'est plus facile. Ah! super, c'est vraiment super, et il fait beau...

Pendant plus d'une heure nous avons cheminé tantôt dans le sous-bois tantôt dans des endroits découverts. On montait, on descendait, on coupait des chemins. On s'arrêtait souvent,  Antoine nous expliquait des tas de choses sur les arbres, les buissons, les animaux. Monique est en forme, elle qui aime les plantes s'intéresse et même donne des commentaires. Il nous apprend plein de choses.
Par exemple : de la station on voit des arbres, des  sapins ! eh bien c'est faux ! ce ne sont pas des sapins, ce sont des épicéas, des mélèzes pour la plupart. On a vu des rhododendrons, des myrtilles, des cynorhodons....Monique croyait que ça s'appelait des « gratte cul », du poil à gratter, eh bien figurez-vous qu'on peut en faire des confitures et que les navigateurs anglais  utilisaient les petites graines pour leurs propriétés contre le scorbut. Eh oui ces petites graines sont riches en vitamine C.
Mais la cerise sur le gâteau c'est la pause auprès d'un chalet. Imaginez la vue qu'ils ont quand ils ouvrent leurs volets... Super ! On s'est arrêté. Antoine nous a offert une tasse de thé, un thé spécial avec de la cannelle. Je ne vous dis pas. Accompagné des petits bouts de fromage, de l'Abondance je crois, ou du Beaufort ; c'était bon. Quand j'y repense... c'était vraiment super !
Ensuite on est rentré ; heureusement qu'Antoine était là car nous étions complètement perdues, alors que nous nous trouvions à vingt minutes de la station. Mais vraiment on ne regrette pas la sortie. L'après-midi on avait prévu de faire les vitrines à Bourg-Saint-Maurice les Arcs, ce que l'on a fait. Hélas ! Mais si on avait su, on aurait mieux fait de poursuivre la randonnée et d'aller voir les animaux, ou d'aller visiter la chapelle. Antoine nous a parlé d'un retable baroque magnifique. Et puis les raquettes : elles sont bien, des roses, des jaunes, des bleues. L'année prochaine je prendrai des raquettes marron, ça fait moins débutante...

Béatrice

Première Chronique

 

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